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Pierre-Edouard Stérin, l'investisseur mécène d’extrême droite, tisse sa toile en Nouvelle-Aquitaine

De Saint-Jean-de-Luz à Limoges ou Bordeaux, Pierre-Edouard Stérin étend ses réseaux économiques et idéologiques. Enquête sur une influence qui s’enracine en Nouvelle-Aquitaine.

Pierre-Edouard Stérin, l'investisseur mécène d’extrême droite, tisse sa toile en Nouvelle-Aquitaine
Pierre-Edouard Stérin : l’influence en toile de fond Photo by Rafael Garcin / Unsplash

Alors que le milliardaire exilé fiscal et “outé” d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin a fait l’objet d’une contestation locale autour de la revente de sa villa de Saint-Jean de Luz, certains signaux faibles laissent à penser qu’une prise de conscience est en cours sur les enjeux de l’interventionnisme rampant d’un homme qui ne cache pas soutenir ses champions, de Bruno Retailleau à Jordan Bardella, et préfère déshériter ses propres enfants au profit de son projet politique…

La villa Ugaïna, symbole du sursaut citoyen Basque

Achetée par Stérin à 6 M€ lors d’une adjudication par l’État en 2022, la villa est remise en vente en 2025 pour près de 16M€.

Accusé de spéculation immobilière par des habitants, la situation va vite envenimer les relations du propriétaire avec ses concitoyens, qui vont même aller manifester sur le site en octobre dernier. Stérin lui-même, pourtant peu communiquant sur ses détracteurs et restant usuellement observateur depuis son fief wallon, s’est finalement fendu d’un post LinkedIn qui tente de détailler les frais engendrés par le projet immobilier, probablement soufflé par la toute puissante Anne Méaux*, la patronne d’Image 7, qu’on ne présente plus, officiellement mandatée par Otium Capital, le bras armé d’investissement de Stérin.

Au-delà des explications techniques alambiquées, la réalité est toute simple si on veut la comparer à celle d’un citoyen lambda : un achat à 6m€, environ 10 % de frais, 5m€ de travaux, une revente à 15 m€ net vendeur. Ça donne 25 % de plus value en 3 ans. Pas si mal… Et on comprend qu’il faille noyer le poisson dans le marmitako.

Sans compter l'imbroglio du Biarritz Olympique**, autre symbole local pris d’assaut par le milliardaire.

De l’ombre à la lumière : l’homme derrière Otium Capital 

Depuis 10 ans, Sterin utilise sa fortune pour noyauter les écosystèmes culturels et économiques, achetant le silence coupable de ses partenaires en affaires. Mais les lignes bougent : Le Crayon Groupe, média influent dans l’univers des nouvelles technologies vient de se fendre d’une communication officielle pour annoncer que Stérin était sorti de son capital. Cette annonce courageuse est d’autant plus rare que la petite musique du “il faut séparer l’homme de son oeuvre” est entretenue par un monde des affaires et de la tech qui ne voit pas en quoi avoir Stérin comme financeur est problématique.

Un message savamment entretenu par des zélotes qu’il a lui même façonnés, n'hésitant pas à les embaucher à prix d’or chez Otium Capital, son fonds d’investissement. On retrouve par exemple le futur fondateur de Doctolib, Stanislas Niox-Chateau, dans le payroll d’Otium Capital en 2014.

Smartbox, la boîte de Pandore

Le succès fulgurant des “box cadeau” dans les années 2000 propulse alors Smartbox parmi les leaders de ce marché naissant, une croissance alors abondamment financée par les fonds d’investissements qui vont se succéder au capital. A coup de croissances externes, Smartbox Group en devient alors leader européen et Sterin en reprend le contrôle en 2015. Depuis, le groupe est lui aussi exilé fiscal, basé à Dublin d'où il contrôle ses activités.

Mis sur le marché en 2023, le groupe, qui semble désormais en perte de vitesse, n’aura finalement pas séduit les fonds d’investissements. Et la crise économique vient toucher de plein fouet la “vache à lait” du milliardaire.

Un noyautage en règle ou quand la French Tech ferme les yeux

Si la French Tech semble s’être accommodée de cet encombrant investisseur, c’est que son projet Périclès n’a été mis à jour qu’en avril 2024 par nos confrères de La Lettre, très longtemps après que Sterin ait déployé ses millions dans l'économie française.

Des fonds comme Raise, des entreprises technologiques (Payfit, Prello…), mais aussi l’industrie, la santé, l’immobilier, les parcs de loisirs (Fort Boyard Aventures, Trampoline Park..) ou, encore l’éducation (Cours Legendre) figurent dans son sillage. Stérin fait également don de ses millions à des structures contribuant à la "sauvegarde de la culture française".

Seuls les médias semblent avoir échappé à l’appétit de Sterin. Il suffit de plonger dans l’organigramme de l’excellente enquête de l'Observatoire des Multinationales (voir plus bas) pour mesurer l’étendue tentaculaire du système. Même le projet emblématique d’Arnaud de Montebourg, qu’on ne peut accuser de porter des valeurs de droite, la Compagnie des Amandes, a été financé par Stérin. Sans même parler de l’association avec Anthony Bourbon dans Feed, qui a, semble-t-il tourné au vinaigre depuis.

Nouvelle-Aquitaine : un terrain d’expansion discret

Il n'y a pas que la villa à Saint-Jean de Luz, ou l'investissement dans le Biarritz Olympique qui interpellent.

L’économie de la région Nouvelle Aquitaine a elle aussi été touchée par ce capitalisme activiste masqué, avec un investissement significatif dans la Pataterie (franchise de 56 restaurants en France et 600 salariés) à Limoges, ou un investissement minoritaire dans RGoods (850.000 euros investis pour détenir 11,8% du capital). Investissement que RGoods s'est empressé de faire sortir au bout d'un an, après avoir pris conscience des impacts (voir article cité dans les références en bas).

Le malaise Sterin, ou la tentation du pouvoir par l’argent

Perçu dans les années 2010 comme un entrepreneur catholique, sa vision intégriste décomplexée n’est apparue au grand jour qu’au printemps 2024. Depuis le mélange des genres entre influence politique et économique a crispé plus d’un financier. Le “malaise Stérin” s’étend dans la French Tech : financiers, fondateurs et communicants oscillent entre gêne et déni.

Pourtant, rien ne change fondamentalement aux pratiques, même à l’ère de Trump. Et pour beaucoup, il est déjà trop tard : on ne “sort” pas un actionnaire encombrant aussi facilement. Le mal est fait, et organiser son extraction relève désormais d’un véritable chemin de croix juridique.

Les territoires se rebellent

Outre la stigmatisation d’un homme de l’ombre, qui se rêvait en éminence grise de l’ultra-droite avant de devenir une cible politique depuis sa mise en examen pour avoir refusé de répondre à une commission d’enquête parlementaire, Stérin voit désormais les territoires se détourner.

Ce sont aussi des édiles locaux, qui, découvrant la mainmise de Stérin sur le label "Plus belles fêtes de France" qui leur étaient "offert" ou sur les banquets du Canon Français, ont pris l’initiative de s’en retirer. Un choix évident lorsqu’on sait que le scandale des notes de frais des élus parisiens a été révélé par une association qu’il finance. Être acheté ou vilipendé, tel est le choix.

Pourtant l'influence de l'argent de ce mécène semble déjà s'immiscer dans le financement de la campagne des Municipales, à Biarritz ou Bordeaux.

Le fantasme de l’influence

D’aucuns voient dans le désordre politique actuel la main invisible de Stérin. Mais au Pays basque comme dans la French Tech, le temps du déni semble passer. Il n’achète plus seulement des villas : Pierre-Edouard Stérin achète des consciences.

Et désormais, certains refusent de vendre !

Références :

MAJ : 9/10/25 à 17H20