Des municipales à Bordeaux sous tension
Au premier tour des municipales 2026, Pierre Hurmic arrive en tête avec 27,68 % mais ne devance Thomas Cazenave que de 1 900 voix. Dans une ville où la participation bondit à 58 %, le 22 mars sera décisif.
Premier tour des municipales 2026 à Bordeaux : Pierre Hurmic en tête, mais de (très) peu. Bordeaux bascule ? 1 900 voix séparent Hurmic de Cazenave. Le second tour sera décisif.
Bordeaux : un premier tour qui rebat les cartes
Le 15 mars 2026, les Bordelais se sont rendus aux urnes pour le premier tour des élections municipales. Avec 58,08 % de participation, en forte hausse par rapport aux 37 % de 2020, la ville a clairement voté. Pierre Hurmic arrive en tête avec 27,68 % des suffrages exprimés, devant Thomas Cazenave (25,58 %) et Philippe Dessertine (20,16 %). Nordine Raymond (LFI) échoue à 9,36 %, Julie Rechagneux (RN) à 7,02 %, Philippe Poutou (NPA) à 5,14 %. L'écart entre Pierre Hurmic et Thomas Cazenave s'établit à environ 1 900 voix. Le second tour se jouera le 22 mars.
Hurmic en tête, mais fragilisé
Rien ne laissait présager un tel recul. Pierre Hurmic, après ce camouflet, peine à incarner un projet pour les six prochaines années. Soyons clairs : 27,68 % des suffrages exprimés, c'est un désaveu. Les électeurs veulent du changement. Même les municipales, où un maire sortant semblait naguère partir avec 50,01 % d'avance, n'échappent plus à la volatilité électorale.
Cazenave et Dessertine : deux profils, un même horizon
Le message est clair. Reste à savoir qui peut l'incarner. Ce projet de retour à l'attractivité d'une ville mondialement connue est porté par deux candidats aux profils opposés. D'un côté, Thomas Cazenave : Bordelais, élu local ancré dans l'opposition, présent et actif, mais plombé par l'étiquette Macron. De l'autre, Philippe Dessertine : il a brillamment joué la carte de l'indépendance, ciblant le Bordeaux intra-muros, celui des votants assidus qui rejettent le macronisme.
1 900 voix et une arithmétique redoutable
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 1 900 voix séparent Pierre Hurmic de Thomas Cazenave. Rappelons qu'en 2020, Pierre Hurmic l'avait emporté d'environ 1 300 voix au second tour. Un basculement de quelques électeurs de Philippe Dessertine suffirait à faire pencher la balance, ralliement ou pas. Et comme en 2020, la météo sur le Bassin d'Arcachon ce dimanche-là, et donc la participation qui est espérée en hausse, fera partie de l'équation.
Hurmic sans réservoir, Dessertine sans alliés
La candidature de Pierre Hurmic semble en difficulté. Aucun réservoir de voix en vue : les électeurs de Nordine Raymond (LFI) grossiront davantage les rangs des abstentionnistes que ceux de l'écologiste sortant, et le RN, aux abonnés absents, ne lui apportera rien. Quant à Philippe Dessertine, son pari solitaire ressemble à un combat à la Don Quichotte : incompréhensible, alors que la prise de Bordeaux ouvrirait aussi celle de la Métropole, largement de quoi partager les pouvoirs entre les deux prétendants.
Cazenave en rassembleur
Thomas Cazenave, lui, prêche avec méthode : « La victoire est à notre portée », « J'ai tendu la main à Philippe Dessertine », « Nous partageons les mêmes électeurs », « Les maires déjà élus veulent ce changement ». Une posture de rassembleur, dans la continuité de l'absorption de la candidature de Nathalie Delattre et du ralliement d'Alexandra Siarri. Le message de fond est limpide : si l'alternance se confirme, elle passera par lui.
Comme dit le proverbe, les chiffres sont têtus.