ESS en Nouvelle-Aquitaine : 10 000 emplois perdus en France en 2025, le secteur face à la coupe des subventions publiques
En 2025, l'ESS affiche un solde net de -10 447 emplois en France. En Nouvelle-Aquitaine, 659 emplois nets disparaissent. Associations, mutuelles, aide à domicile : le secteur subit de plein fouet le désengagement des finances publiques.
En Nouvelle-Aquitaine, l'ESS (économie sociale et solidaire ) représente 246 000 emplois, soit 12 % de l'emploi salarié régional. C'est le deuxième pilier économique du territoire après l'industrie, souvent invisible dans le débat public. La note de conjoncture du second semestre 2025 d'ESS France dresse un constat préoccupant : pour la première fois depuis la crise sanitaire, le secteur détruit des emplois à l'échelle nationale. En Nouvelle-Aquitaine, la région perd 659 emplois ESS nets sur la période. Dans un contexte de resserrement budgétaire des collectivités qui produit des effets très concrets sur les territoires et les services, l'ESS en est aujourd'hui la démonstration la plus directe.
ESS en France : 10 447 emplois détruits en 2025, les associations et les mutuelles en première ligne
Au total, l'ESS affiche un solde net de -10 447 emplois sur un an à fin décembre 2025. La baisse s'est accélérée au fil de l'année : -0,15 % au troisième trimestre, puis -0,46 % au quatrième. Les associations sont les plus touchées avec 12 305 postes supprimés (-0,68 %). Les mutuelles signent leur troisième trimestre consécutif de baisse avec 2 465 postes supprimés (-1,95 %), ce qui en fait proportionnellement la famille de l'ESS la plus impactée. Seules les coopératives (+0,36 %) et les fondations (+2,52 %) créent encore des emplois, mais en net ralentissement.
Par secteurs, l'enseignement perd 3 678 emplois (-1,6 %), l'action sociale sans hébergement 2 807 emplois (-0,6 %), l'aide à domicile 1 256 emplois (-3,1 %) et les sports et loisirs 1 457 emplois (-1,1 %). À noter : pendant que l'ESS recule sur l'aide à domicile (-3,1 %), le privé hors ESS y progresse de +4 % sur un an.
Pour retrouver une baisse comparable des emplois associatifs, il faut remonter au quatrième trimestre 2020, en pleine crise sanitaire.

Benoît Hamon, président d'ESS France, est direct : «Le retournement de tendance amorcé en début d'année est désormais acté. L'économie sociale et solidaire (ESS), traditionnellement résiliente face aux crises, a détruit des emplois au cours du second semestre 2025. Derrière le recul de l'emploi dans la culture, l'action sociale ou l'aide à domicile, se profile un risque majeur de disparition de services essentiels.»
ESS en Nouvelle-Aquitaine : 659 emplois perdus, la baisse des subventions en cause
En Nouvelle-Aquitaine, la note de conjoncture confirme une perte nette de 659 emplois ESS entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025.

Le ralentissement était déjà visible depuis plusieurs trimestres : entre les deuxièmes trimestres 2023 et 2024, l'emploi ESS n'avait progressé que de 0,6 % en région, en dessous de la moyenne nationale (+1,1 %) et des régions voisines.
La question du financement public est au cœur du problème. La CRESS Nouvelle-Aquitaine avait alerté dès l'automne 2024 : avec le PLF 2025, ce sont près de 17 000 emplois qui étaient menacés de disparaître dans la région. «Nous prenons cette annonce comme un manque de considération d'une économie qui représente pourtant 246 000 emplois en Nouvelle-Aquitaine», avait déclaré Stéphane Montuzet, président de la CRESS. Les perspectives 2026 ne sont pas plus encourageantes : le monde mutualiste anticipe une année encore plus difficile, tandis que le secteur associatif subit de plein fouet l'incertitude des finances publiques.
Crèches, EHPAD, aide à domicile : ce que la baisse de l'ESS signifie concrètement pour les Néo-Aquitains
Les structures de l'ESS proposent au quotidien des services que personne d'autre ne propose : crèches, EHPAD, aide à domicile, épiceries solidaires, banques alimentaires, lien social. Quand elles ferment ou réduisent leurs effectifs, ce sont des services qui cessent d'exister pour des populations qui n'ont souvent pas d'autre recours. La note de conjoncture T4 2025 d'ESS France pose la question : jusqu'où peut aller le désengagement public avant que les dégâts soient irréversibles ?